CRITIQUE(S)

JUILLET 2009


Ce qui est souvent demandé à un artiste (ou devrait l’être) est de poser un regard, sans préjugé ou présupposé, sur le visible,
et de lever pour l’amateur un coin du voile qui offusque le mystère des choses. On comprendra par là qu’il n’est pas nécessaire
de chercher à être original à tout prix, mais qu’il est indispensable de deviner la beauté que révèle et masque à la fois l’apparence.
Un érudit moderne écrit: “La beauté donne à voir la vérité: plus l’œuvre sera belle, plus vrai sera la perception que l’on aura du mystère”.

Bien des hommes passent devant le spectacle du monde, sans accorder aux dehors qui s’offrent à leur vision émoussée,
l’attention qu’ils méritent. La plupart de nos contemporains, soumis à la routine du labeur pour la survie, ne sont pas en mesure de deviner,
même le temps d’un éclair, sous les faux-semblants ternis du monde, un invisible qu’il faudrait débusquer et apprivoiser.

Toute œuvre exige pour être devinée une approche faite de respect et d’investigation intense. Il ne s’agit pas, bien entendu, de se contenter
d’éprouver un divertissement esthétique et de s’en retourner nu comme on est venu. Ce que le poète, le musicien, le photographe ou le peintre
essaient en visionnaires paisibles et obstinés, de dégager du visible, essayez vous aussi de l’accomplir pour votre propre compte!

Les photographies ici présentées sont d’un homme jeune et doué, qui s’est formé lui-même, par l’écoute et l’attention dues aux choses
qui nous entourent. Ce sont ces qualités qui font l’artiste sans cesse regard à l’affût de ce qu’il voit et devine.
À votre tour, regardez-le vous détacher, feuille après feuille, la rose trémière de la création.


Toussaint Médine Shangô